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Blaxploitation 3 : This is Baadasssss! (or How to get a man's foot outta your ass)

Sweet Sweetback's Baadasssss Song, réalisé en 1971 par Melvin Van Peebles est LE film à l'originie du courant Blaxploitation.  Écrit et tourné par un Afro-Américain, mettant en scène un casting presque exclusivement noir, ce film a aussi créé un précédent car son réalisateur a composé son équipe technique de membres de minorités visibles n'appartenant pas aux unions. 

L'histoire de la lutte menée par Melvin Van Peebles pour livrer à sa communauté le premier film fait par lui et pour lui nous est racontée dans le docufiction This is Baadasssss (2003) de Mario Van Peebles, le fils du légendaire réalisateur qui joue également le rôle de son père à l'écran.

Refusant toute forme de compromis, Van Peebles père eut un mal fou à trouver le financement nécessaire à son film, jugé trop extrémiste par presque tout le monde à qui le projet était présenté.  Van Peebles dut se tourner vers le milieu de la pornographie pour trouver des techniciens non syndiqués afin de composer son équipe.  Ses relations interpersonnelles brouillées et son entêtement presque maniaque lui compliquèrent énormément la tâche.  Et pour compléter le tableau, un de ses yeux fut frappé de cécité alors qu'il tentait de peine et de misère le montage de son film lui-même, menacé par la ruine et incapable de payer quelqu'un pour le faire à sa place.

Et pourtant...  les rares salles de cinéma qui se risquèrent à projeter SSBS à sa sortie furent littéralement envahies par des hordes d'Afro-Américains extatiques, qui se voyaient pour la première fois attribuer un héros à leur image au cinéma.  Les Black Panthers virent un héros en Van Peebles.  C'est ainsi que la Blaxploitation était née.  Bientôt, d'autres superhéros blacks viendraient grossir les rangs; Black Belt Jones, Shaft, Superfly TNT, Dolemite et tant d'autres...

This is Baadasssss est un vibrant hommage à Melvin Van Peebles, à son oeuvre et au cinéma indépendant en général.  Je vous recommande très fortement de le regarder pour comprendre et apprécier à sa juste valeur tous les films que je vous présenterai ultérieurement sur Corpse-Grinder.  Évidemment, le traitement est parfois un peu mélodramatique et on sent énormément l'admiration que Mario porte à son père dans la représentation qu'il en fait, mais eh!  what the hell!  on aurait raison d'être fier pour bien moins, non?

 

20.5.06 18:30


Blaxploitation 2 : Foxy Brown

"She's brown sugar and spice...  and if you don't watch it, she'll put you on ice!"

Un autre grand classique de la blaxploitation par Jack Hill, sorti en 1974, soit un an après Coffy.  Réunissant encore une fois Pam Grier et Sid Haig à l'écran, Foxy Brown est une histoire de vengeance classique qui marche dans les traces de son prédecesseur avec autant de succès.

Parmi mes scènes favorites, celle où Foxy Brown, poursuivie par un malfrat, se cache dans un garde-robe et se confectionne une arme de fortune à l'aide d'une poignée de cintres en métal, qu'elle étire pour se faire des "griffes".  Difficile de ne pas siffler entre ses dents quand elle bondit au visage de son agresseur et lui arrache un oeil avec!

Parions que cette scène ne se retrouvera pas dans le remake (oh!  sacrilège!  oh!  horreur!) que MGM déversera bientôt en salle avec l'insipide, l'inepte et la très plate (dans tous les sens du terme) Halle Berry dans le rôle de Foxy Brown.  De quoi pleurer, je vous jure!

Ne reste qu'une consolation : revoir l'original... over and over.

 

19.5.06 15:56


Blaxploitation 1 : Coffy

Avis aux blancs-becs parmi vous qui considèrent que Sigourney Weaver a incarné le premier héros féminin dans un film d'action, j'ai des petites nouvelles pour vous autres : the Godmother was there before!  Way before!

Tourné en 1973 par maître Jack Hill (Spider Baby, Switchblade Sisters et Big Bird Cage), Coffy est un des films fondateurs de la blaxploitation et respecte toutes les règles du genre, même s'il est l'oeuvre d'un cinéaste blanc : personnages principaux Noirs, action campée dans le ghetto; portrait d'une communauté déchirée par la misère, la violence urbaine, la drogue et le racisme; combats de rue vicieux et sans merci; bande sonore aux accents soul, funk et disco; représentation peu flatteuse de l'Homme blanc corrompu, stupide et hargneux, etc.)

Mettant en vedette la superchick Pam Grier dans le rôle principal, Coffy est un film de vengeance dirty, funky et sexy. 

Coffy est infirmière de jour et justicière la nuit.  Elle est sur les traces d'une bande criminalisée responsable de la dépendance de sa soeur à l'héroïne.  Et elle est bien décidée à faire tomber l'homme à la tête du réseau, Omar (interprété par Sid Haig, autre acteur fétiche de Jack Hill). 

Sans scrupule et sans merci, Coffy est prête à jouer selon les règles de l'adversaire et ne recule devant rien pour obtenir sa vengeance, n'hésitant pas à décharger son shotgun dans la face ou les couilles d'un dealer ou à user de ses charmes quand rien d'autre ne peut la sortir d'affaire.

Brutal, torride, énergique et sans compromis, Coffy est un des incontournables du genre et comporte un grand nombre de scènes cultes que vous voudrez voir et revoir à satiété.

 

19.5.06 15:37


Bébittes de l'espace 17 : Night of the Creeps

1959 : un contenant extra-terrestre rempli de sangsues expérimentales s'écrase sur Terre, entre la fuite d'un maniaque à la hache et quelques séances nocturnes de french kisses en Cadillac.

1986 : Chris, collégien n'appartenant pas aux cliques cool et alcooliques, tente, avec son ami J.C. de séduire Cynthia. Lors d'un défi qui tourne mal, les sangsues, conservées dans un corps cryogénisé, s'échappent et infiltrent les cerveaux innocents en tout genre (même les chats ne sont pas à l'abri), où elles se reproduisent avant de s'en expulser radicalement (fig. 01).

Incidemment, dans l'entre-temps, l'hôte se transforme en zombie brutal, parfois à l'insu de ses proches (fig.02).

Ajoutez à cela un policier dur à cuire hanté par un passé sanglant et la nuit de bal que vous avez toujours rêvé de vivre, ne serait-ce que pour l'heureux mariage de la robe blanche et du lance-flammes (fig.03).

Ces personnages deviendront vite vos amis.

1986, toujours : Fred Dekker réalise Night of the Creeps. À la fois hommage (notez les noms de familles des personnages) et inspiration de plusieurs (lève la main, Peter Jackson!), ce film devrait s'élever bien au-delà du 1.50$ investi lors de la location.

-Collaboration spéciale : Miranda Pole

8.5.06 02:19


Bébittes de l'espace 16 : Invaders from Mars

Malgré l'échec commercial qu'essuya Lifeforce, Tobe Hooper a tout de même adapté, en 1986, un autre scénario de Dan O'Bannon pour le grand écran : Invaders from Mars.

Un peu comme The Thing, de Carpenter, Invaders from Mars est très vaguement inspiré d'un film des années 50 avec lequel il n'a plus grand-chose à voir.

En fait, Invaders from Mars, est, à beaucoup d'égards, parodique et irrévérencieux. On reconnaît là la touche de l'auteur de Return of the Living Dead, qui sait judicieusement doser horreur et humour, fantastique et absurde, avec des résultats étonnants.

Les aliens et leur technologie bizarroïde sont l'oeuvre du grand maître des effets spéciaux Stan Winston. Les armes organiques, entre autres, sont assez particulières et valent le coup d'oeil... La salle disco dans le vaisseau spatial et l'extraterrestre qui ressemble à un Pac Man géant sont assez délirants dans leur genre aussi.

Bref, Invaders from Mars est un film très divertissant, inégal mais drôle, qui vous plaira assurément si vous cherchez un film d'aliens qui ne se prend pas trop au sérieux et que vous êtes amateurs de camp.

7.5.06 16:36


Bébittes de l'espace 15 : Invasion of the Body Snatchers

Tel que promis, chers psychos, voici la critique des différentes versions de Invasion of the Body Snatchers par Evlyn.  Enjoy!

Invasion of the Body Snatchers

Après une longue dérive dans l’immensité sidérale, des spores filandreuses de plantes extraterrestres se déposent doucement dans nos jardins. Elles vont nous copier, nous éliminer et nous remplacer pour nous voler notre place dans l’écosystème de leur nouvelle planète.

Les critiques voient dans ce film une métaphore de la guerre froide et de la peur du communisme (comme dans The Thing et Village of Damn). Mais je crois que Body Snatchers rejoint tout simplement nos angoisses face à l’idée de perdre son identité.

J’ai toujours adoré ce film parce que je fais des cauchemars de contamination depuis que je suis toute petite (et je n’étais pas au courant des complots communistes). C’est toujours le même principe : les gens que je connais sont remplacés les uns après les autres par des copies qui cherchent à m’attraper pour me contaminer.

La version de 1956, est l’un des rares films de sf-horreur qui réussit encore à nous donner des frissons dans le dos. Surtout lors de la scène du chargement des charrettes dans la place centrale de la ville. C’est un moment tout simplement génial parce que le spectateur se rend compte en même temps que les protagonistes des implication de ce qu’ils observent.

Si ce film fonctionne encore c’est probablement parce que ce qui est inquiétant c’est l’idée et non pas seulement le visuel ou l’action.

La version 1978 est un peu inégale et le scénario ne va pas toujours à l’essentiel. Mais c’est tout de même excellent comme remake (et Donald Sutherland a des cheveux superbes). L’action se déplace à San Francisco, donc l’échelle de départ est plus grande et le contraste citadins/pod-people est aussi moins grand que celui villageois/pod-peoples, parce que les gens de la ville sont déjà des étrangers. (Jeff Goldblum -La mouche de Cronenberg- et -Leonard Nimoy -Spock dans Star Trek- font partie du casting et on a aussi droit à un caméo du brave docteur de la version 1956.)

La version 1993, d'Abel Ferrara (Bad Lieutenant, The Addiction) se déroule en banlieue, le film se veut plus terre à terre, mais il manque quelque chose. La réalisation est conventionnelle et efficace mais sans plus; on a l’impression d’écouter un long épisode de Twilight zone ou de X-Files. Le seul plus, c’est que l’on voit en détail le processus d’assimilation (mais peut-être que c’est mieux de se l’imaginer un peu).

Pour finir, je dirai que j’ai toujours trouvé quelque chose de sexy ou de sensuel à ces films de végétaux qui nous remplacent.

1.5.06 16:19


Bébittes de l'espace 14 : Babylon 5

La série télé Babylon 5 est souvent perçue, à tort, comme une imitation de Star Trek.  Grave erreur.  Bien que les deux histoires mettent en vedette l'équipage d'un vaisseau spatial, leurs rencontres avec des races extraterrestres et leurs aventures dans l'espace, les comparaisons s'arrêtent là.

Issue de l'imagination de JM Straczinsky (auteur des comic-books cultes Midnight Nation & Rising Stars), Babylon 5 est une série particulièrement bien écrite, regorgeant d'intrigues fascinantes, de personnages truculents, mémorables, et de dialogues à la résonnance souvent très profonde. 

Les races aliens présentées dans Babylon 5, avec chacune leurs caractéristiques distinctives, sont toutes calquées sur les grandes nations de notre monde et les questions éthiques, philosophiques et politiques qui tissent la trame de la série sont facilement transposables dans notre univers.

Bref, Babylon 5 est un modèle de science-fiction, sachant doser action, suspense, intrigue, fantaisie et réflexion.  Je ne saurais trop vous recommander de vous y plonger.

Pour lire une critique francophone très détaillée de Babylon 5, rendez-vous sur  le site de Mad Movies en cliquant ici : http://www.mad-movies.com/news.php?id=590

30.4.06 18:00


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